Philosophie
Geneviève Rodis-Lewis
Descartes et le Rationalisme
Paris, PUF, 1977, 132 pages
Note du bibliothécaire :
L’objectif
de ce volume est de présenter, de manière rigoureuse mais accessible,
la pensée de Descartes et la manière dont elle fonde le rationalisme
moderne. Rodis-Lewis, grande spécialiste cartésienne, y propose une
synthèse claire de la philosophie de Descartes, de ses textes principaux
et de son influence.
Contenu de l’ouvrage
1. La vie et le contexte intellectuel de Descartes
L’ouvrage
commence par une brève biographie intellectuelle de Descartes :
formation au collège jésuite de La Flèche, service militaire, voyages,
installation en Hollande, publication des œuvres majeures et
circonstances de la rédaction du Discours de la méthode (1637), des Méditations métaphysiques (1641) et des Principia (1644).
Rodis-Lewis
expose l’arrière-plan philosophique du XVIIᵉ siècle : scolastique
tardive, crise des savoirs hérités, naissance de la science moderne,
influence du scepticisme et du mécanicisme.
2. Méthode et fondements du rationalisme cartésien
Cette section constitue le cœur du livre. Rodis-Lewis analyse :
- le rôle fondateur du doute méthodique ;
- la recherche d’un point absolument certain (le cogito) ;
- la formulation des règles de la méthode ;
- la valeur démonstrative et la fonction des idées claires et distinctes ;
- la volonté de donner aux sciences un fondement unifié reposant sur la raison.
Elle
explique comment, pour Descartes, la certitude métaphysique sert de
socle à la certitude scientifique, ouvrant la voie au rationalisme
classique.
3. La métaphysique : Dieu, l’âme, la vérité
Rodis-Lewis présente les thèses centrales :
- la démonstration de l’existence de Dieu comme garant de la vérité ;
- la distinction fondamentale entre res cogitans (substance pensante) et res extensa (substance matérielle) ;
- l’immatérialité et l’indivisibilité de l’âme ;
- le statut de la liberté humaine.
Elle
insiste sur l’originalité de Descartes : la métaphysique n’est pas un
discours spéculatif mais un fondement épistémologique permettant de
valider les sciences.
4. La physique cartésienne
Rodis-Lewis expose les grandes lignes du système mécanique de Descartes :
- l’idée de lois de la nature fondées sur la géométrisation du réel ;
- la théorie des tourbillons ;
- le rôle du mouvement, de l’étendue et des figures dans l’analyse physique ;
- la critique des causes finales.
Elle
montre que, même si certaines thèses seront dépassées, la démarche
cartésienne fonde la physique moderne par son recours systématique à la
raison et au modèle mathématique.
5. La morale et l’anthropologie
La dernière partie traite :
- de la morale provisoire exposée dans le Discours de la méthode ;
- des développements ultérieurs sur la volonté, les passions et l’éthique ;
- de la conception de l’homme comme union de l’âme et du corps, analysée particulièrement dans Les Passions de l’âme.
Rodis-Lewis
insiste sur la dimension pratique de la philosophie cartésienne,
souvent méconnue, et sur la cohérence du système allant de la
métaphysique à la morale.
6. Héritage et postérité du rationalisme cartésien
L’ouvrage se conclut par une évaluation de l’héritage de Descartes :
- influence sur Malebranche, Spinoza, Leibniz ;
- rôle fondateur dans la philosophie moderne ;
- critiques venant de l’empirisme, de Kant et de la phénoménologie ;

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