Réjean Ducharme
L'Avalée des avalés
L'Avalée des avalés
Paris, Gallimard, 1966, 379 pages
Collection :
Folio
Folio
Note du Bibliothécaire :
Courte biographie de Réjean Ducharme
Réjean Ducharme (1941-2017) est un écrivain québécois majeur de la seconde moitié du XXᵉ siècle, connu pour sa voix littéraire singulière, sa rareté médiatique et son statut d’auteur profondément marginal par choix. Originaire de Saint-Félix-de-Valois, il publie son premier roman, L’Avalée des avalés, en 1966 chez Gallimard. Ce livre lui vaut une entrée spectaculaire dans la littérature francophone et une nomination au prix Goncourt.
Ducharme
est un autodidacte dont l’œuvre romanesque, théâtrale et scénaristique
repose sur une langue inventive, éclatée, souvent ludique et intensément
critique des normes sociales. Il s’est toujours refusé aux apparitions
publiques et aux entretiens, cultivant une véritable mythologie de
l’effacement. En parallèle de l’écriture, il crée des œuvres visuelles
sous le pseudonyme « Roch Plante ».
Commentaire sur le roman L’Avalée des avalés (1966)
Ce premier roman, devenu un classique, met en scène la voix fulgurante de Bérénice Einberg, narratrice-enfant qui observe le monde avec une intensité extrême et une radicalité déconcertante. Le roman s’articule autour de la violence affective et symbolique d’un foyer déchiré entre un père juif et une mère catholique, contexte qui exprime de façon métaphorique l’effondrement des repères et l’absurdité des frontières identitaires.
L’écriture
est torrentielle, inventive, marquée par des jeux sur le langage, des
paradoxes et une logique interne propre à l’enfance, mais poussée ici
jusqu’à une sorte d’absolu philosophique. Le récit explore l’obsession
de pureté, l’impossibilité du compromis et la volonté de se soustraire à
un monde jugé mensonger ou corrompu. La tension entre lucidité et
révolte, entre innocence et nihilisme, constitue la ligne de force du
roman.

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